Des bruits nocturnes dans les cloisons, des traces de grignotage dans un placard, des crottes le long d’une plinthe : la présence de rongeurs dans un logement est une situation que de plus en plus de particuliers affrontent. En France, les estimations de terrain font état d’une prolifération record dans les grandes villes, portée par des hivers plus doux et une disponibilité croissante de nourriture en milieu urbain. Face à cette réalité, deux questions reviennent systématiquement : quels risques encourt-on vraiment, et qui doit payer pour y remédier ?
Une infestation silencieuse aux conséquences sanitaires sérieuses
Rats et souris ne se contentent pas de déranger. Leurs déjections et leur urine contaminent les surfaces et les aliments, parfois sans laisser de signe visible. Un rongeur ingère seulement 15 à 30 grammes de nourriture par jour, mais il rend impropres à la consommation bien davantage en grignotant des emballages ou en souillant des stocks. C’est aussi un risque d’incendie réel : les rats sectionnent volontiers les gaines électriques, une cause d’accident sous-estimée.
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Sur le plan sanitaire, la leptospirose reste la maladie la plus préoccupante. Transmise par l’urine de rongeurs contaminés, notamment via l’eau ou les surfaces humides, elle peut provoquer des complications rénales graves, avec un taux de mortalité estimé entre 5 % et 20 %. Depuis 2014, le nombre de cas recensés en France a doublé, selon une alerte de l’Académie nationale de médecine en 2022. À cela s’ajoute l’hantavirus : en 2024, 43 départements français avaient enregistré au moins un cas, contre 31 en 2015. Le rat brun (ou surmulot), espèce la plus répandue en ville, est porteur du virus Seoul, une souche d’hantavirus.
Pour comprendre l’ampleur du phénomène et envisager les bonnes solutions, une page dédiée à la dératisation rats et souris permet de faire le point sur les méthodes disponibles et les situations qui nécessitent l’intervention d’un professionnel.
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Propriétaire, locataire, copropriété : qui paie quoi ?
C’est souvent la question qui génère le plus de tensions. Le cadre juridique est pourtant relativement clair dans sa règle générale. Le décret n°87-713 du 26 août 1987 exclut explicitement les frais de dératisation des charges imputables au locataire. La loi du 6 juillet 1989 oblige le bailleur à délivrer un logement décent, et la loi Élan de 2018 précise qu’un logement salubre doit être exempt de toute infestation de nuisibles. La Cour de cassation a confirmé ce principe dans un arrêt de 2002 : le propriétaire est tenu d’assurer la jouissance paisible du logement, y compris en prenant en charge la lutte contre les rongeurs.
Il existe néanmoins des exceptions. Si l’infestation est directement liée à un manque d’hygiène avéré du locataire, le propriétaire peut tenter de lui imputer une partie des frais, à condition de disposer de preuves solides (constat d’huissier, photographies, témoignages). En copropriété, lorsque les rongeurs circulent dans les parties communes, c’est au syndic d’organiser et de financer les interventions. Enfin, un arrêt de la Cour de cassation du 18 septembre 2025 a rappelé qu’un locataire peut suspendre le paiement de son loyer si le logement devient impropre à l’habitation en raison du manquement du bailleur à ses obligations, sans qu’une mise en demeure préalable soit nécessaire.
Quand faut-il faire appel à un professionnel ?
Depuis la loi EGalim de 2018, la vente directe de certains raticides au grand public est restreinte, ce qui limite les options de traitement autonome pour les particuliers. Les pièges disponibles en grande surface peuvent suffire pour un rongeur isolé, mais ils restent sans effet sur une colonie établie. Or une femelle rat peut produire jusqu’à quatre portées par an, chacune comptant jusqu’à treize petits : une infestation se développe vite.
Certains signaux doivent conduire à contacter rapidement un professionnel : des bruits récurrents la nuit dans les cloisons ou les combles, des traces de grignotage répétées malgré les mesures prises, ou la découverte de crottes en quantité. Les logements les plus exposés sont ceux situés à moins de 100 mètres d’un cours d’eau, dans des bâtiments anciens avec des canalisations défectueuses, ou encore dans des immeubles abritant un commerce alimentaire au rez-de-chaussée. Le coût d’une intervention professionnelle se situe généralement entre 150 et 300 euros selon la superficie et la nature de l’infestation, une fourchette indicative qui varie selon les régions.
Agir rapidement reste la meilleure façon de contenir le problème avant qu’il ne s’aggrave, et de préserver à la fois la santé des occupants et l’intégrité du logement.

